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Relance de l'économie

 

 

Baisse des charges

Les charges grèvent considérablement la compétitivité et le rendement des entreprises. C’est admis par tout le monde mais on ne sait comment les baisser car il faut maintenir les rentrées d’argent.  On pourrait les diminuer d’un coup massivement mais on ne sait pas au bout de combien de temps le manque à gagner serait compensé par les embauches et l’augmentation de l’activité économique, ni dans quelle mesure… Même les plus grands experts en économie ne peuvent fournir des chiffres sûrs.

Afin de diminuer le nombre des inconnues et d'être en mesure de réaliser des estimations fiables il faut se résoudre à procéder par secteurs professionnels, c'est-à-dire à baisser les charges dans un secteur, attendre que le résultat escompté soit atteint ou en bonne voie, avant d'appliquer ces baisses à une autre catégorie. La difficulté consiste à évaluer la baisse de charge optimale, c’est-à-dire un point où la baisse de rentrée d’argent serait plus que compensée par l’augmentation de l’activité globale et l’embauche. Le choix des premiers secteurs concernés est donc crucial pour lancer la dynamique. Il doit s’accompagner par une politique de formation adéquate afin de fournir la main d’œuvre recherchée et par une revalorisation des salaires des personnels expérimentés pour l'attirer et la fidéliser.

Cette baisse des charges doit se concrétiser non pas par une baisse des taux mais par une suppression de certaines charges ou impôts afin de simplifier les feuilles de salaire et les liasses fiscales et par suite de faire gagner du temps et de l’argent aux administrations privées et publiques ainsi qu'aux tribunaux administratifs.

Le secteur idéal sera caractérisé par une forte demande de main d’œuvre, une bonne capacité de formation, une activité soutenue et une certaine insensibilité à la concurrence mondiale.

Le choix et le montant des charges supprimées ou allégées doivent aussi être décidés en tenant compte du fait qu’à terme il faudra les égaliser pour tous les secteurs professionnels. En se restreignant à un secteur il est moins compliqué d'évaluer la valeur optimale de baisse de charges à appliquer. On peut également la réaliser de façon progressive. L'objectif étant une baisse globale, il n'est pas exclu au cours du processus et notamment lors de l'extension à un autre secteur de diminuer le montant de cette baisse.

Idéalement une baisse doit correspondre à la fusion de plusieurs charges afin du même coup de simplifier les feuilles de salaires et d'impôts ainsi que les textes de loi une fois que la généralisation aura été faite. La gamme actuelle des taux des charges illustrée par le graphique suivant permet un certain nombre de combinaisons pour parvenir à l'objectif. 

A terme l'objectif est par exemple de regrouper les charges de l'URSSAF en une seule tout en baissant leur total. De toutes façons les proportions des différents prélèvements de l'URSSAF ne correspondent pas exactement aux proportions des emplois faits de ces sommes.

Augmentation du pouvoir d’achat

La tendance est à l’augmentation des salaires et notamment du SMIG. La variation du pouvoir d’achat dépend alors de l’inflation.

La France est désavantagée par rapport aux autres pays en raison du coût trop élevé de la main d’œuvre. Il faut éviter à tout prix de l’augmenter encore. Les propositions faites par certains candidats à l'élection présidentielle de relever le SMIG à 1500 Euros (brut ou net ?) par mois constitue un suicide économique. Les salaires sont déjà plusieurs fois plus élevés que dans les pays émergents. On peut certes compenser une partie de cette différence par une plus forte productivité des employés français, grâce à une bonne formation et à la motivation, voire à un certain génie français (c'est pour la motivation !), mais il prétentieux de croire que les Français sont 5 ou 6, quand ce n'est pas 10 ou 11, fois plus performants que les autres. C'est en effet le rapport qui existe dans certains secteurs entre la France et ses plus rudes concurrents. Ce facteur pouvait être accepté quand nous disposions d'une certaine supériorité technologique. Aujourd'hui l'écart n'est plus aussi flagrant. Les ingénieurs asiatiques sont formés par millions. Dans certains domaines la proportion des brevets déposés commence à correspondre à celle des populations. Il faut donc renoncer à toute augmentation des salaires minimums.

Dans un premier temps il faut les stabiliser. L’augmentation du pouvoir d’achat ne peut venir que d'une déflation. Il est difficile de contrôler l’évolution des prix de l’ensemble des biens. On peut par contre se concentrer sur un type de bien. Le logement est la cible idéale puisqu’il constitue la première source de dépense des ménages.

Comment parvenir à diminuer son coût ? Premièrement en baissant les charges sur les salaires du secteur du bâtiment pour abaisser le coût de la main d'œuvre. On rejoint là le chapitre ci-dessus avec une indication sur le type de catégorie professionnelle par laquelle il faudrait commencer le mouvement. Paradoxalement la baisse des prix doit aussi être favorisée en revalorisant les salaires des employés expérimentés. Ce secteur est pénalisé par un manque de main d’œuvre qualifiée. Il faut donc y attirer les gens. Il faut également motiver ceux qui y sont à travailler mieux et à suivre des formations. Pour les ouvriers peu expérimentés il y aura une baisse du coût (baisse des charges) et pour les plus expérimentés une stabilisation (baisse des charges compensée par une augmentation du salaire).

La situation à laquelle on veut arriver présente des entreprises ayant plus de personnel, du personnel mieux formé et donc une capacité de travail plus importante. Cela permet d’augmenter la compétition entre les entreprises et de favoriser une baisse des prix.  Cela permet aussi d’améliorer la conduite des chantiers. Les ouvriers nombreux et bien formés travaillent plus vite. La plus grande disponibilité des compétences permet d’optimiser l’ordonnancement des chantiers. Actuellement la pénurie de main d’œuvre empêche une succession rapide des opérations et rallonge la durée des chantiers et donc les coûts liés à l’immobilisation de certains matériels et aux déplacements qui se multiplient. Pour les particuliers, des chantiers réalisés plus rapidement permettront de raccourcir le chevauchement entre la location et la période de la construction.

Comme évoqué dans le chapitre sur la baisse des charges sociales sur les entreprises il faut accompagner cela par une politique de formation. Le bâtiment c’est aussi une multitude de petites entreprises qui n’ont pas la possibilité de bénéficier des effets d’échelle comme les grandes ou bien de mettre en place des actions d’organisation du travail, de rationalisation, de capitalisation des connaissances,… Il faut donc créer une forme juridique permettant à plusieurs entreprises de s’associer à l'image des coopératives agricoles avec une structure très simple et peu de formalités et aussi la possibilité de partager de la main d’œuvre.

Au final on veut produire beaucoup plus de logements et abaisser le coût de la construction. On veut aussi améliorer l’efficience énergétique moyenne des bâtiments en remplaçant certains vieux immeubles ou en les perfectionnant et en construisant les nouveaux selon des normes plus sévères. On rejoint là le chapitre sur les économies d’énergie.

Plus de logements, cela signifie encore plus de facilité à trouver un logement près de son travail et donc à économiser sur les transports, à réduire le trafic, à gagner du temps.

Plus de logements disponibles cela veut surtout dire que l’on peut passer d’un marché ou l’offre est en pénurie à un marché ou l’offre correspond à la demande. Cela peut conduire à une forte baisse des prix sur le marché de l’occasion en stoppant la spéculation.

On voit enfin que le  bâtiment constitue un secteur affectant peu les exportations et peu concerné par la concurrence étrangère, au moins au niveau de la main-d'œuvre. Les autres pays ne pourront pas s'opposer aux réformes qui y seront faites. Pourtant une baisse du coût de la construction et des logements aura des répercussions sur tous les autres secteurs par le biais du pouvoir d'achat des particuliers et des économies pour les entreprises et l'Etat quant à ce qui concerne leurs locaux et la consommation énergétique. C'est un secteur vaste mais présentant une certaine homogénéité au niveau de sa situation actuelle (activité soutenue et manque de main d'œuvre). Cela facilitera les négociations et l'interventionnisme. Il constitue donc le secteur idéal par où commencer un remise à niveau des charges sociales.

On retrouve ci-dessous le schéma de la page d'accueil. Avec les explications précédentes il est plus compréhensible.

Mesures en faveur des handicapés

Etant acquis que le secteur du bâtiment doit être à la base d'un programme de relance de l'économie française et que cela doit se traduire par une baisse du coût de la construction et des travaux d'aménagement il n'y aura plus d'excuse pour ne pas réaliser les accès et les équipements pour les travailleurs handicapés. C'est un réservoir de main d'œuvre important où puiser.

Cas particulier du pouvoir d'achat étudiant

La durée moyenne des études tend à se rallonger. Dans le même temps on constate un précarisation de la situation des étudiants. Il n'est pas toujours évident de concilier les études et un travail d'autant plus que l'on accède en général qu'à des petits boulots peu rémunérés. La principale dépense vient du logement. Le fait de placer le bâtiment comme priorité pour le redressement du pays aidera en partie à résoudre ce problème.

Toutefois cela ne règle pas tout. Afin d'augmenter les revenus des étudiants une solution consisterait à instaurer une double formation: en parallèle de la formation universitaire l'étudiant pourrait accéder à une formation professionnelle dans un secteur plus pratique où l'on recherche de la main d'œuvre, mais qualifiée. Bien sûr on ne forme pas de bons ouvriers ou artisans en quelques jours. Or les études durent couramment 5 ans ou plus. Certains multiplient les emplois temporaires dans des secteurs très variés. En comptant l'ensemble on arrive fréquemment à 1 année complète de travail en plus des études. Alors si c'est possible pourquoi ne pas la réaliser dans le même secteur, avec des formations intermédiaires ? Le premier objectif est d'améliorer l'efficacité dans le travail "secondaire" choisi, afin de justifier pour les employeurs une augmentation des salaires. Le deuxième objectif est de servir de solution de secours en cas d'échec dans les études ou bien de pénurie d'emplois dans le secteur correspondant au diplôme. Le troisième objectif est de séduire les étudiants en leur démontrant par la pratique que de nombreux métiers manuels sont intéressants et peuvent rapporter autant sinon plus que des métiers "intellectuels". Au final, chacun doit pouvoir choisir ce qui lui convient le mieux en toute connaissance. Celui qui se lancera dans un métier manuel n'aura pas le regret de n'avoir pas tenté des études. Il aura même acquis des savoirs et une capacité d'assimilation qui lui permettront plus tard d'évoluer ou de se reconvertir, voire de reprendre des études.