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Europe

 

 

L'Europe possède des pouvoirs et des moyens considérables même s'ils sont mal exploités. Il faut donc occuper les fonctionnaires européens en les orientant vers des projets de grande envergure comme cela a été le cas pour la Communauté Economique du Charbon et de l'Acier. Plutôt que d'instaurer des institutions supranationales inamovibles et intervenant dans tous les domaines on pourrait définir la communauté européenne comme un groupe de nations capable de coopérer sur des projets concrets grâce à des groupes de fonctionnaires habitués à organiser de telles actions et familiarisés avec les particularités des différents membres.

Un exemple de projet serait la déconstruction navale. En effet les législations nationales et européennes imposent aux membres de respecter des règles sévères pour protéger l'environnement et les travailleurs. On pense à l'amiante. Les entreprises européennes qui voudraient se charger de tels travaux doivent donc investir dans des matériels coûteux et des procédés complexes et se retrouvent moins compétitives que les concurrents des pays émergents où l'on est moins regardant sur ces sujets. Or de telles contraintes peuvent se retourner en avantage si l'on impose aux navires battant pavillons européens d'être déconstruits selon les critères communautaires. Ainsi les armateurs seront plus ou moins obligés de se tourner vers les entreprises équipées des matériels nécessaires et ayant le personnel le mieux formé. Or plus le contenu technologique et les procédés sont complexes, plus la part de la main d'œuvre diminue dans le coût total. C'est un point crucial car la protection sociale européenne alourdit ce poste. Les entreprises européennes se verront donc offrir un marché semi-captif, non pas par des critères protectionnistes mais selon des critères écologiques et de santé publique. Ce devrait être l'objet de la puissance législative européenne. L'autre volet important est la mobilisation des moyens et des capitaux. Dans le cas de la déconstruction navale la compétitivité des entreprises européennes pourrait être améliorée en réalisant des moyens spécialisés de grande envergure(cales sèches, hangars modulaires permettant le confinement et améliorant la manutention et l'accès aux différents niveaux du navire, accès direct aux aciéries par chemin de fer,...). Cela serait justifié dans le cas d'un approvisionnement régulier et important de navires ce qui est envisageable au niveau européen. En résumé l'Europe ne peut se satisfaire d'imposer des contraintes elles doit aussi préparer les moyens d'y répondre, à l'avantage de ses membres.

Un autre exemple de programme concernerait la mise en place d'une force européenne des catastrophes. On entend par là une organisation du type militaire mais orientée vers la lutte contre les inondations, les incendies, la réparation des dégâts consécutifs aux tempêtes, l'aide aux personnes sinistrées,... Autant d'évènements qui risquent de se multiplier si le réchauffement climatique se confirme. La mise en commun des moyens permettrait d'atteindre une taille critique permettant de traiter très rapidement et massivement les problèmes dès leur origine. La rentabilité serait maximale puisque la taille de l'Europe fait que statistiquement il est plus probable d'avoir fréquemment des accidents que dans un seul pays. Ainsi les unités pourraient être employées fréquemment. En cas d'inaction elles pourraient être déployées en dehors de la communauté afin d'intervenir d'une façon moins contestable que les forces armées, mais efficacement et en matérialisant ainsi la politique de l'union. On pourrait éventuellement associer cette organisation à un service civil afin de d'améliorer la cohésion européenne par les échanges entre les jeunes autour de projets utiles. Au niveau financier, la dépense pourrait être compensée par le gain au niveau des assurances en réparant plus rapidement les dégâts, et surtout en les atténuant voire en les évitant grâce à des actions préventives. Au niveau de la logistique une telle force s'appuieraient sur des moyens de transport divers mais conséquents qui pourraient être partagés avec les forces armées, dans le but toujours d'avoir une exploitation maximale.